Le pisseur, le Sisyphe de la vessie.
Le pisseur, le Sisyphe de la vessie. Il va, le pauvre, de sanisette en sanisette, comme un pèlerin pressé qui cherche la grâce… ou au moins un endroit où poser son offrande. Il se tortille, il se dandine, il fait des petits pas de danse, pas par joie, non, mais parce que sa vessie a pris le pouvoir. Elle a déclaré l’état d’urgence, et gouverne son existence. Toutes les dames pipi le connaissent. Elles le saluent avec la lassitude des professionnelles : « Ah, encore lui… » C’est leur meilleur client, leur habitué, leur fidèle. Elles pourraient presque lui offrir une carte de fidélité, dix passages, un gratuit. Il va de vespasienne en vespasienne, en serrant les fesses comme si la dignité dépendait de ce dernier rempart. Et arrivé sur place, catastrophe : il arrose ses chaussures. Pas par fantaisie, non. Son jet, hélas, manque de conviction. Il est sous-puissant, Il est si faible qu’on pourrait le confondre avec une brume matinale. Une rosée. Une poésie humide. Il va d’uri...





