Dernière demeure
Prosper, Victorine, Auguste, Marie et les autres… Prosper, Victorine, Auguste, Marie… Vous êtes là, immobiles, couchés sous vos pierres tombales, comme des locataires qui refusent de rendre les clefs. Vous vous accrochez à vos concessions comme d’autres s’accrochent à leur pavillon de banlieue. Mais enfin, il faut savoir partager ! Vous pensiez rester ici, tranquilles, à perpétuité, voire pour l’éternité. Quelle drôle d’idée. Quel égoïsme. L’éternité, c’est long, surtout vers la fin. Et puis, vous bloquez la file d’attente, le marché des concessions. Il n’y a pas de roulement. Vous occupez le terrain, littéralement. Qui vient vous voir ? Qui vient encore déposer une fleur, une pensée ? Qui se souvient de vous ? Absolument personne sauf un arrière petit fils. Et pourtant, vous pourriez rendre service. Libérer la place pour les nombreux boomers qui trépassent. Permettre aux nouveaux arrivants de s’installer, de poser leurs valises de bois. Offrir au sol une seconde jeu...

